Paris Ville Région

« PARIS REGION CAPITALE. L’ARCHITECTURE D’UNE IDENTITE TERRITORIALE POUR UNE STRATEGIE D’ATTRACTIVITE MONDIALE. »

«Le grand pari de l’agglomération parisienne», février 2008

Avec la mondialisation, la représentation spatiale des grands territoires s’affirme comme un outil d’orientation et de décision. Dès lors, donner forme à une région ou donner forme à un objet ou une architecture relèvent d’une démarche de projet semblable, visant à établir la situation d’attractivité la plus favorable. Cette énorme nouveauté – le territoire est dans sa totalité manipulable – conduit à mettre en mouvement un projet – une orientation positive au futur de l’urbanisation – à une échelle jusqu’alors inconnue. L’aménagement du territoire devient une stratégie d’attractivité dont les outils sont aussi ceux du design de produit – visible, perceptible, émouvant. La région sera aussi séduisante et attirante que la ville-capitale. L’identité urbaine à l’échelle territoriale s’élaborera en associant totalement une stratégie de redéveloppement de la région parisienne et les manifestations visibles de cette transformation, dans les paysages et les ambiances et les expériences. Cette démarche mettra l’accent sur les réseaux d’infrastructures, les pôles d’innovation, les nouvelles centralités périphériques, les sites potentiels de renouvellement, et les systèmes d’espaces naturels qui structurent l’agglomération dans leur relation à des échelles d’identification ou visibilité. L’objectif est de construire un concept visible qui spécifie le récit de la région capitale, en position face à l’uniformisation mondiale de l’urbanisation. Paris et l’Ile de France sont en propre des caractères hautement remarquables. Les sites de projet contribueront à la formation d’une nouvelle structure territoriale aux ambiances qualifiées et redevenue lisible aussi bien dans un repérage mondialisé – voir la région à l’échelle satellitaire -, que dans les parcours quotidiens – une visibilité locale immédiate. Autrement dit, il s’agira d’inventer un concept d’identité territoriale, explorant l’ensemble des manifestations et des signes l’ensemble des signes et des actions ou dispositifs la constituant. Paris Région sera produite par la transformation de quatre zones spécifiques d’innovation choisies au sein des ensembles suivants: au Sud le lien entre Saint-Quentin et Saclay, au Nord entre Roissy et la Défense, à l’Est on insistera sur la relation entre les concentrations Roissy, Plaine – Commune, La Défense, à l’Est entre Roissy et 0rly. Le projet est cette question : à l’échelle de la métropole, quelle apparence, quelles ambiances et quelles perceptions et valeurs portera cet environnement ?

LA METROPOLE DU XXI° SIECLE DE L’APRES KYOTO.

Dans son premier chantier, la recherche développera des notions pour agir sur le territoire, neuves pour certaines, revisitées pour d’autres : continentalisation, géographie des artefacts, échelles d’identité, distance de temps, ville de chacun, cité-forêt, urbanisme stratégique, transformations du sujet et des valeurs, urbanisme des sensations, stratégies d’attractivité (identité et image de marque), construction des lisibilités à l’échelle du territoire, design actif du territoire.

CONTINENTALISATION

Cette étendue de pays que l’on voit d’un coup d’oeil, c’est l’Europe entière. A partir des années 1965, alors même que la grande croissance industrielle s’est terminée, l’espace de l’Europe se transforme physiquement. Une urbanisation extensive ponctue et relie l’ensemble du continent, un univers mixte et à sa manière homogène, mélangeant résidences et lieux de travail, parcs et hangars, espaces de loisirs et malls commerciaux. Les Européens héritent d’un territoire bâti et occupé dans sa presque totalité, au nord notamment, ni vraiment lisible ni suffisamment confortable, exemplaire de la situation métropolitaine contemporaine. L’expression « continent urbanisé » correspond à la perception d’un hinterland toujours bâti. Enoncer le « continent urbanisé », c’est dire que nous sommes tout le temps en ville et rendre compte du fait que le centre des villes compte moins que ce qui l’entoure. Et ce continent urbanisé a une morphologie particulière. Lire le continent urbanisé suppose, d’une certaine manière, un retour à la géographie des artefacts qui permet d’identifier les ensembles qui composent le territoire urbanisé, d’en décrire les fractures et de reconstruire les systèmes (de la mobilité, des centralités, du vert…) qui lui redonneront une forme de cohérence.

ECHELLES D’IDENTITE

La visibilité du territoire se joue à toutes les échelles de perception. L’identité se met en œuvre aussi bien dans la vue aérienne que dans les détails du design urbain. Nous définissons les échelles d’identité comme les niveaux de perception de la ville. Une ville-région est perçue à une échelle mondiale, sur une planisphère, une image satellitaire ou une destination aéroportuaire, puis sur des distances de temps de 3heures (l’aller et retour dans une journée), de 2 heures (Bruxelles, Lyon ou Nantes, etc..). Ces échelles d’identité se déclinent ensuite en empruntant des catégories géographique ou institutionnelles connues : le bassin parisien, l’Ile-de-France, l’agglomération parisienne, Paris intra-muros… La région parisienne est une île distincte et très proche de la banane européenne. Cette échelle est performante pour communiquer l’ambition parisienne. Du lointain au plus proche, les modalités de la perception sont différentes, de la cartographie mondiale à la vie quotidienne, mais une ville région est perçue à chacune de ces échelles, et l’ensemble en reconstitue l’identité.

DISTANCE DE TEMPS.

La visibilité du territoire se joue à toutes les échelles de perception. L’identité se met en œuvre aussi bien dans la vue aérienne que dans les détails du design urbain. Nous définissons les échelles d’identité comme les niveaux de perception de la ville. Une ville-région est perçue à une échelle mondiale, sur une planisphère, une image satellitaire ou une destination aéroportuaire, puis sur des distances de temps de 3heures (l’aller et retour dans une journée), de 2 heures (Bruxelles, Lyon ou Nantes, etc..). Ces échelles d’identité se déclinent ensuite en empruntant des catégories géographique ou institutionnelles connues : le bassin parisien, l’Ile-de-France, l’agglomération parisienne, Paris intra-muros… La région parisienne est une île distincte et très proche de la banane européenne. Cette échelle est performante pour communiquer l’ambition parisienne. Du lointain au plus proche, les modalités de la perception sont différentes, de la cartographie mondiale à la vie quotidienne, mais une ville région est perçue à chacune de ces échelles, et l’ensemble en reconstitue l’identité.

VILLE DE CHACUN.

Les déplacements effectués par chaque piéton ou usager d’un transport public ou privé établissent sa ville, la ville de chacun. Autrement dit, de cette vue de chacun, la ville n’a plus d’existence en elle-même, mais est actualisée par les déplacements et les usages qui y sont liés. L’habitant est multimodal, mais les maillages qu’il utilise sont inégalitaires.

DU PLAISIR POST-MODERNE A LA CONSOMMATION ACTIVE.

Le capitalisme a transformé à chacune de ses étapes les sujets humains. L’homme fordiste, physique et actif, producteur, pouvait s’identifier à l’homme-besoin inventé par le Bauhaus ou Le Corbusier, alors que l’homme consommant aura dû apprendre à tirer plaisir du renouvellement des objets. L’urbanisme construit des représentations du sujet, on voudra ici qu’il les anticipe, ainsi par exemple sur le mode d’être ensemble ou sur l’invention de la vie au travail. Un diagnostic prospectif ne peut faire l’impasse sur l’observation et les prospectives de transformation des modes de vie et des pratiques de consommation : externalisation de pratiques privées, intervention du consommateur dans la chaîne de la valeur du produit. En quelques années est apparu un consommateur-acteur. L’utilisation pleine du temps ou la simultanéité en sont des manifestations fortes. Les priorités de vie seront de plus en plus définies par chacun. Dans une société où l’apprentissage du maniement des logiciels et des matériels de communication est une activité permanente, l’expérimentation deviendra une seconde nature : vivre sera synonyme d’expérimenter. Ainsi au consommateur passif succèdera le consommateur plus indifférent à la séduction des objets. Dans la société de post-séduction, le sujet ne sera plus défini par ce qu’il ressent mais par ce qu’il fait. Ces modifications constantes s’établissent aussi bien dans la sphère privée que dans les organisations de travail. (Rappelons que le knowledge managment apparaît autour de I990). L’exemple du passage d’une société de consommation d’objets à une société de services en est un autre caractéristique. Si le monde réel semble ressembler à la dureté des temps hypermodernes, les valeurs futures de l’urbanisme ne devront-elles pas être celles d’un monde ouvert et réconcilié, sans l’angélisme qui ignore les valeurs du conflit?

CITE FORET : VILLE NATURE, DENSIFICATION, INTERCONNEXION.

Le design actif s’appuie naturellement sur les structures actuelles du territoire, et sur ses perceptions ainsi pour la présence des espaces « naturels », composante forte de l’Ile-de-France et de sa représentation très positive. Parallèlement à ce renforcement de la qualité naturelle de l’Ile-de-France, nous proposerons de rendre visible le futur des projets de transport en commun dont chacun connaît le retard. Ils sont l’ergonomie de la région. Les transports en commun seront considérés comme une structure principale du territoire. Ils seront un caractère contemporain du grand Paris, donnant à voir pour l’usager une ville apaisée et efficace. L’urbanisme renouvellera le travail des landscape architects américains de la fin du 19ème siècle, pour penser les infrastructures et les paysages, non pas comme antagoniques, mais comme les supports de projets complexes. Par ailleurs, ville-nature et densification ne sont pas incompatibles. Nous mettrons en œuvre une cité-forêt, relève au 21 °siècle de la cité jardin et du Business parc.

UNE PLANIFICATION STRATEGIQUE ET TERRITORIALE

Cette stratégie d’identité, met en valeur les atouts distinctifs de la région les sortant de la banalité. Il amplifie les avantages concurrentiels, qui seront communiqués par le biais d’une forme, d’une ambiance, d’une disposition ou d’une perception facilement identifiable. On privilégiera une approche stratégique et territoriale qui associe lecture structurelle du territoire et action par le projet. L’approche de la mobilité ne doit pas se limiter à la formulation de nouveaux projets d’infrastructures, mais prendre aussi en compte les infrastructures existantes (tout mode de déplacement confondu), dans la perspective de la construction d’un système de la mobilité, organisé autour des principes d’irrigation du territoire et de hiérarchisation. Le projet n’est pas un objet fermé sur lui-même, mais un dispositif dont on attend des effets en termes d’économie, d’usage, de confort et d’ambiance.

UN URBANISME DES SENSATIONS

Sur une vue numérisée des routes à l’échelle européenne, la région apparaît comme une étoile singulière reliée à ses satellites. La lisibilité d’une agglomération relevait d’une lecture géographique ou historique, avant qu’une dénomination professionnelle explicite – « marketing urbain » ou « urbanisme managérial » – ne lui donne le sens actuel. Aux villes de la géographie et de la signalétique, s’est ajoutée une ville mesurée en temps réel qui n’a plus besoin d’être vue. Cette ville des données est une médiation supplémentaire, un outil de compréhension, d’usage et de transformation de la ville, mais elle laisse le champ libre, au niveau du visible, à la ville d’images-objets, design télé-transmissible sur le marché des villes. Reconstituer une urbanité vraisemblable, donner une ambition de luxe de / à l’urbain n’est pas affaire de forme de ville mais de perceptions et de sensations physiques qui nous confirment dans notre existence et nos comportements sociaux. L’urbanisme des sensations a cette fonction de socialisation. Ce sont de telles catégories qui décrivent la métropole partagée et « adoptée ».

LE TERRITOIRE, NOUVEL ESPACE PUBLIC

e la métropole, quelle apparence, quelles ambiances et quelles valeurs portera cet environnement ? Gérer le visible et ses séquences est partie intégrante du dispositif territorial. Nous pensons montrer qu’il n’y a donc pas à craindre la faille entre d’une part l’abstraction supposée des flux et des informations, et de l’autre le partage collectif d’une métropole humaine et physique. L’aéroport et les nouvelles gares, les trains à grande vitesse et les automobiles sophistiquées nous ont aussi habitué à une douceur des flux. L’espace public étendu à l’espace visible désigne le lieu commun, ce qui est perçu en commun, la métropole elle-même.

LES STRATEGIES D’ATTRACTIVITE.

Crises pétrolières et globalisation ont accéléré la prise de conscience de la compétition des villes entre elles qui ont cherché depuis lors à développer leur attractivité. Au départ, attirer les entreprises exogènes consistait en des promotions économiques (offres de terrains, paquets fiscaux…), puis sont venus en réaction les « clusters » dynamisant les entreprises endogènes. Parallèlement, les villes ont développé leur mise en réseau. Ces stratégies sont redoublées par le développement de meilleures conditions-cadres. Offrir les meilleures conditions de vie à sa creative class, ou encore répondre « simplement » aux demandes de logements émanant des employeurs, tout comme améliorer ses réseaux de communication ou toute autre demande de nouveau musée, sont des outils de développement de l’attractivité de son territoire. L’ensemble de ce qui est produit par la ville participe de cette attractivité, ainsi ses modes de financement de la culture et de la créativité, domaine où l’on observe des différences fortes entre les capitales. La qualité d’une ville s’est, d’une certaine manière, déplacée depuis des conditions « matérielles » vers des conditions « humaines ». La qualité d’une ville est celle de sa population.

RECHERCHE PAR/DANS LE PROJET.

La pratique du projet urbain et la recherche urbaine sont considérées dans cette proposition comme des constituants équivalents de la démarche. La recherche urbaine apparaît trop souvent comme production de connaissances par l’analyse des situations existantes qu’elle compare et théorise, tandis que la pratique du projet peut s’appuyer sur les analyses pour s’énoncer, sans produire en propre de connaissances. Au mieux est-il escompté que la recherche fournisse les outils de conceptualisation du projet. Dans cette circulation des rôles, un projet commun ne se fait pas jour, tout comme le partage des enjeux, des concepts et des méthodes n’y prend pas sens. Pour le dire autrement, à l’opposé, la recherche dans/par le projet, n’a pas eu, dans nos domaines, d’existence suffisamment effective. Il nous appartient de mettre en oeuvre la recherche et le projet comme un ensemble producteur de connaissances et de nouvelle réalité. Notre grand pari est l’élaboration d’un projet dans le sens le plus exact de plan, d’entreprise et de finalité collective partagée et ouverte, qui vienne rompre la circularité du couple théorie/pratique. Avec discernement et en phase avec la société, les architectes ont développé dans les années 50 et 60 une pensée mettant en avant les mutations, l’avènement de la consommation et du divertissement, de la domination des signes et des objets, des forces contre les lieux, des réseaux, d’une métapolis informationnelle et d’une urbanisation mouvante, le passage de la ville centre à la ville archipel. Autrement dit, ces projets furent aussi des recherches.

DESIGN ACTIF DU TERRITOIRE

Le design du territoire inverse les objectifs (la vente) et les moyens (la forme) du design. A l’opposé du branding, le design actif que nous mettons en œuvre vise à transformer les situations urbaines en engageant des dispositifs dynamiques. Les dispositifs ou machineries conduisent vers d’autres postures d’action, d’engagement et de plaisir, tout comme ils favorisent les rapprochements et les interrelations stratégiques.

LE DIAGNOSTIC PROSPECTIF DE LA REGION PARISIENNE.

4 Sites pour qualifier Paris Région

Le second chantier produira dans sa complexité un concept pour Paris Région, mettant au premier plan la valeur du futur, afin d’enclencher un développement encore plus positif.Les sites de projets sont des lieux de développement où se sont implantés les centres de recherche ou d’enseignement. Aucun de ces sites ne peut seul définir le Grand Paris, mais leur visibilité affirmée et le développement de leurs interrelations y conduira. Parfois situés en limite d’agglomération, ils seront confrontés à une qualité singulière de l’Ile de France, la présence de la ruralité.

DECONSTRUCTION

Au travers des analyses des opérations récentes sur la région parisienne, Plaine-Commune, Bercy, Seine Rive gauche, Seine Arche, renouveau de La Défense, plateau de Saclay, on mettra en évidence les modalités de conception de ces projets. Ces projets n’ont pas approché l’urbanisation dans la dynamique des infrastructures, un des enjeux de toutes les métropoles. Pour retrouver une accroche latérale sur les voies rapides urbaines, l’urbanisme n’a pas toujours réalisé les équipements transformateurs de vitesses nécessaires, les pontages pourtant stratégiques, ainsi pour Seine-Rive-Gauche.

LE RECIT DU CONCEPT

Le concept de Paris-Région est d’abord une réalité matérielle ressentie de l’ensemble de l’environnement perçu : les rues, les quartiers avoisinants, les fonctions urbaines, les utilisateurs divers et leurs comportements, les facilités de transports, les liaisons avec d’autres sites, le confort de l’urbain et son entretien, les nuisances, la sécurité ressentie sont constitutifs de l’image globale qu’est le concept urbain. Le concept est une image – un leadership d’image – du projet et de la ville désirée, fédérant les décideurs, entreprises et acteurs publics, élus et habitants. C’est un guide d’action et de communication pour un projet dans la durée, une identité qui s’incorpore dans les pratiques des sites et enfin une « image de région » qui touche à sa lisibilité et à ses significations. C’est sa nouvelle forme.

Le concept est un projet attractif qui reprécise l’image et la dynamique de la région. Il est porteur d’ambiances et de valeurs positives, de confiance et de confort, favorisant la réalité et la perception d’un développement durable. Le concept urbain est devenu dans les deux dernières décennies un facteur d’amélioration, voire de définition de l’attractivité des villes.

Le concept urbain se construit à travers un récit partagé, une histoire-guide de la réalisation qu’il s’agit de construire. Le récit sera élaboré en joignant les attentes novatrices que l’on attend de la région et les points forts de son image élaborée dans l’histoire.

ANNONCER UN PROJET AU FUTUR

Un diagnostic prospectif émettra les messages qui parviendront à s’installer comme désirs de réalisation. C’est à cette échelle de l’évolution des standards et des ambitions que le savoir des architectes s’avère convaincant. Pourquoi la région parisienne semble-t-elle en perte de vitesse dans le classement des villes ? Le déficit parisien ne se pose pas en terme de qualité de vie mais dans sa capacité à attirer des quartiers généraux à l’échelle mondiale. L’urbanisme est très largement une affaire de psychologie du moment. Une région doit annoncer son futur à 15-30 ans pour exister durablement. C’est aussi le souhait des habitants et des entreprises de savoir dans quel environnement ils vivront à moyen terme. Il est devenu banal d’observer que dans la compétition internationale des villes, celles qui ne manifestaient pas au travers d’un projet à long terme leur engagement dans l’avenir ne pouvaient prétendre continuer à se mesurer aux autres. La proposition d’un concept de projet orienté sur le futur s’élaborera après analyse des cas comparables dans le monde (les métropoles qui se projettent à 2030 ou 2050).

UN RECIT DE VALEURS

Les valeurs de confort et de solidarité dans un environnement durable, mais fortement créatif et équipé de technologies de pointe, se sont diffusées dans le monde contemporain depuis une trentaine d’années. Enclencher une logique encore plus positive pour la région consisterait à enchaîner développement de l’enseignement et de la recherche, recherche et développement, création d’un univers de travail et de vie pour le 21° siècle dans un environnement durable, s’appuyant sur les sites existants reliés entre eux par des transports rapides et des logements accessibles. On a intégré le principe d’un « milieu favorable » – la combinaison des lieux éducatifs, culturels, scientifiques, commerciaux et de loisirs réunis sur un même espace, desservis par le maximum de réseaux – comme incubateur-type d’un développement sociétal. Cette ambition pour édénique qu’elle soit (elle peut se dire pratiquement à l’identique pour tout le 20° siècle) décrit en peu de mots les transformations à réaliser. Sa mise en oeuvre est possible par des processus et non par des gestes brillants mais de portée faible dans la durée. La puissance économique de la région se trouve toujours à Paris. Mais penser le futur de la région, c’est faire abstraction du coeur historique, l’intramuros du passé. Aussi notre projet s’établira sur les sites de développement au futur de l’agglomération. (La forme délimitée et visible de Paris n’est pas nécessairement à effacer, mais l’économie touristique peut se répartir sur un espace plus vaste que la ville centre). Il reste à dire la forme particulière de cet Eden qui ne se noiera pas dans la banalité ressassée du discours de toutes les villes qui parlent d’elles-mêmes.

ENTRE REGION ET AGGLOMERATION, LA VILLE FORET.

La région valorise son paysage – 80 % de l’île de France est rurale, dit-elle – et s’engage dans la voix d’une « écorégion». Les valeurs de nature et d’agglomération ne sont pas contradictoires. A l’inverse, nous estimons pouvoir développer un vaste projet associant intensité bâtie et présence forte de la nature, en renforçant la présence de l’un et de l’autre sur un même site. Densité et compacité ne sont pas incompatibles avec le développement d’une végétalisation forte de l’urbain. L’urbanisme du développement associera conjointement la densification de la nature et des édifices. La cité-forêt pourra prendre la suite de la cité-jardin.

UNE REGION FONDEE SUR LES TRANSPORTS EN COMMUN

Toutes les grandes métropoles mondiales n’ont pas nécessairement un réseau de transport en commun performant, mais rapprocher celui de la région parisienne de celui de Paris sera énoncer un mode de vie et une image déterminante. On posera l’ensemble des projets de transports en commun, en particulier les projets lourds ( arc express, rocade sud, tangentielles, projet région, métrophérique..), simulant les développements qu’ils engendrent tout comme les manques en très grand nombre qui subsisteront et que le projet comblera ( Roissy-la Défense, Roissy-Orly, La Défense-Vélizy- Orly…etc.).

QUATRE SITES EXEMPLAIRES

L’étude posera les cohérences entre quatre pôles stratégiques de l’agglomération parisienne qui forment une couronne performante. L’agglomération apparaît comme un ensemble de sites fragmentés dont les relations réelles ne sont pas perceptibles. Ils sont ici mis en réseaux, à la différence de l’approche en « faisceaux » (SDRIF) :

– Il sera produit une nouvelle image du Sud de Paris ; la cité-forêt -métropole verte, ville-nature – y sera montrée. Les ensembles partiellement interconnectés, à vocation de recherche et développement seront ainsi rassemblés à l’échelle du territoire : – Versailles – Saint-Quentin-en-Yvelines ; Vélizy-Villacoublay – Petit Clamart ; Plateau de Saclay ; Orly – Val de Bièvre.

– Au Nord, on insistera sur les relations entre les concentrations autour de Roissy, Plaine – Commune, Gennevilliers – La Défense. Les infrastructures et les transports en commun, et les développements qu’ils génèrent seront le thème principal.

– A l’Ouest, vers l’aval et vers Rouen, vers les ports, il s’agira de relire au futur les ensembles de Mantes-les-Mureaux – Flins – Poissy – Saint-Germain, Vallée de Montmorency – Gennevilliers.

– A l’Est, la traversée Roissy, Marne-la-Vallée, Seine Amont-Créteil – Orly sera réalisée et redessinée.

Entre A86 et Francilienne, ces pôles au devenir interactif et réactif, aux fonctions mixtes, échangées et métissées, sont les potentiels de développement de l’Île-de-France. Aucun de ces sites ne peut définir le Grand Paris, mais la lisibilité de leurs relations aidera à un repérage mondialisé. Au terme de l’étude, c’est une autre visibilité de la région qui sera constituée, notamment par une cartographie prospective qui mettra en relation ces pôles de développement avec les territoires transversaux.

TRANSFORMER

Les transformations conceptuelles que nous approchons sont en cohérence avec notre manière de montrer et d’exposer. La transformation des représentations par d’autres mots-images sera première.

Depuis deux décennies, Architecture Action a réalisé ses scénographies et muséographies pour de grandes institutions : Cité des Sciences et de l’Industrie, Centre G. Pompidou, Musée Guggenheim (New York), Biennale de Venise, Biennale de Rotterdam, Cité des Cités (Barcelone), Mole (Turin), musée des Beaux-Arts de Lyon, Le Fresnoy Studio National des Arts Contemporains. Nos expositions telles « La Ville » au Centre Pompidou, à la Biennale de Venise 2000, à Lille 2004,« La ville qui fait signes », « Horizon 2020 » à Rennes, nos représentations de ville 3D en collaboration avec l’IGN et notre projet « Planète urbaine » ont associé divers médias contemporains (installations, films et images de synthèse, images en récit).

Une visualisation 3D sur l’ensemble des sites sera réalisée (3DMAX).

Les représentations qui sont aussi des concepts seront assurées par le projet d’urbanisme et par le film. Alain Fleischer et l’Ecole du Fresnoy reprennent ici leur travail commun avec ArchitectureAction. Alain Fleischer réalisera avec le Studio National du Fresnoy des tournages et situations au sein des deux maquettes du projet. Il s’agira donc de maquettes-installations, outils incontournables qui transcendent les maquettes traditionnelles.